Depuis ce 11 novembre tôt le matin, l’opinion congolaise s’est réveillée avec une nouvelle annonçant la signature d’une feuille de route entre la délégation du gouvernement congolais et celle de la plateforme politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) à Doha. Portée par le médias belge La Libre Afrique, qui a publié cette nouvelle en exclusivité, les publications évoquent que le texte commun sera signé ce mardi 11 novembre, jour de l’Armistice de la guerre de la première guerre mondiale (1914-1918) en Europe. Congo Check qui a parlé au gouvernement congolais et à l’AFC/M23 alerte que ces deux sources indiquent que pareil programme n’est prévu.
«Un texte qui est loin de l’accord de paix définitif qui doit garantir le silence des armes dans l’est de la République démocratique du Congo. Les négociateurs des deux camps évoquent tout au plus « une nouvelle feuille de route » qui entérine « des mois de travail et de bonne volonté des autorités qataries » qui ne sont pas parvenues à concilier les attentes des uns et des autres» écrit le médias La Libre Afrique repris par plusieurs autres médias et comptes sur les réseaux sociaux.
L’article intitulé “RDC : Kinshasa et l’AFC/M23 signent ce 11 novembre un accord de raccroc à Doha” et rédigé par Hubert Leclercq a été vu près de 2000 fois sur le site de ce médias belge.
Lire la suite : Non, il n’est pas prévu pour l’instant (11 novembre à 22:30) la signature d’un texte commun entre les délégations de Kinshasa et de l’AFC/M23 à DohaProgramme non encore annoncé aux parties concernées
Dans sa démarche de vérification, Congo Check s’est entretenu avec le gouvernement congolais et la plateforme politico-militaire AFC/M23 afin de savoir s’ils vont signer un texte commun ce 11 novembre à Doha. Toutes ces deux parties concernées par ladite signature ont indiqué à Congo Check que pareil programme n’est prévu. “Elle n’est pas correcte” a réagi Patrick Muyaya, ministre congolais des médias et communication, également porte-parole du gouvernement congolais. Il réagissait à la question de Congo Check, qui voulait savoir si l’information rapportée par La Libre Afrique était avérée.
De son côté, Bertrand Bisimwa, président du Mouvement du 23 Mars et coordonnateur adjoint chargé des questions politiques et diplomatiques de l’Alliance Fleuve Congo dit n’être pas au courant d’un tel programme. «Je n’ai pas cette information» dit-il en réponse à Congo Check.
Jean-Pierre Alumba Lukamba, assistant3 principal de Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo et membre de la délégation de l’AFC/M23 au processus de Doha a quant à lui qualifié de faux l’annonce d’une signature d’un texte commun annoncé par La Libre Afrique.
La crise sécuritaire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo est au cœur de plusieurs initiatives politiques tant à Washington (accord entre la RDC et le Rwanda), processus de Doha (entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23) et l’initiative de Lomé porté par l’Union Africaine dans le but de mettre fin à l’escalade régionale qu’emprunte cette crise. Malgré les avancées sur ce plan diplomatique, des progrès sont insignifiants sur le terrain où le cessez-le-feu permanent signé entre les deux parties et recommandé dans toutes les démarches diplomatiques n’est pas appliqué sur les différentes lignes de fronts.


