Ce texte mélange les désirs officiels du gouvernement congolais (pas de brassage, retrait du Rwanda) avec un scénario diplomatique fictif. Il vise à faire croire que la victoire diplomatique est totale et immédiate, ce qui est dangereux car cela crée de faux espoirs.

1. Le cadre des négociations : Luanda vs Doha
Rumeur : “Fin de négociation de Doha… Accord remis aux parties.”
- Réalité : Le processus de paix officiel reconnu par l’Union Africaine et les Nations Unies est le Processus de Luanda, sous la médiation du président angolais João Lourenço.
- Analyse : Bien que le Qatar (Doha) ait tenté des médiations par le passé et que des réunions techniques puissent s’y tenir, il n’y a pas de sommet décisif en cours à Doha qui supplanterait Luanda. Annoncer un accord définitif à Doha dans 48h est une fabrication pour détourner l’attention du processus réel qui est lent et complexe.
2. La séquestration des diplomates (Absurde)
Rumeur : “Les USA ont exigé… une mesure préventive de rétention administrative… afin que lesdites personnes ne puissent pas quitter Doha sans avoir signé.”
- Réalité : C’est diplomatiquement et juridiquement impossible.
- Analyse : On ne peut pas mettre en “rétention administrative” (c’est-à-dire en prison ou en résidence surveillée) des délégations d’États souverains (RDC, Rwanda) ou même des représentants rebelles invités dans un pays tiers. Cela violerait la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Les USA ne peuvent pas donner d’ordres à la police qatarie d’arrêter des ministres congolais ou rwandais jusqu’à ce qu’ils signent. C’est un scénario de film, pas de la diplomatie.
3. La question des FDLR (Contradiction totale)
Rumeur : “Les FDLR sont désormais considérés une menace insignifiante… le Rwanda admet qu’ils n’ont jamais entrepris une action depuis 2012.”
- Réalité : Le narratif officiel du Rwanda (et sa justification pour envahir la RDC) repose entièrement sur la menace des FDLR.
- Analyse : Il est impensable que le Rwanda signe un document officiel déclarant que les FDLR sont “insignifiants”. Ce serait avouer devant le monde entier que leur intervention militaire en RDC (via le M23/RDF) est illégale et sans fondement. Kigali ne signera jamais sa propre condamnation de cette manière.
4. La dissolution immédiate du M23
Rumeur : “Les USA exigent la dissolution du M23/Afc qui ne devrait même pas se transformer en un mouvement politique !”
- Réalité : C’est la position de Kinshasa, mais ce n’est pas le résultat d’une négociation actuelle.
- Analyse : Dans une négociation, l’adversaire (M23) cherche une survie politique. Une dissolution totale sans contrepartie politique s’appelle une reddition, pas un accord de paix. Si le M23 n’est pas vaincu militairement, il ne signera pas sa propre disparition volontaire sur un simple papier à Doha.
5. Le “Garant” Rwanda
Rumeur : “Le Rwanda est désormais garant des dérives… imputables au M23.”
- Réalité : Le Rwanda nie officiellement commander le M23.
- Analyse : Signer un texte où le Rwanda se porte “garant” des actes du M23 reviendrait à avouer officiellement qu’ils contrôlent le mouvement. C’est ce que la RDC demande, mais c’est exactement ce que le Rwanda refuse d’admettre depuis des années.
6. L’Accord de Washington et l’intégration
Rumeur : “L’accord RDC-Rwanda signé à Washington dit clairement…”
- Réalité : Il y a eu des discussions facilitées par les USA (visite d’Avril Haines), conduisant à des trêves (souvent violées), mais pas de “Grand Traité de Washington” public détaillant le casier judiciaire de Corneille Nangaa.
- Analyse : Le texte cite le programme PDDRC-S du gouvernement congolais (pas de brassage, intégration individuelle) et prétend que c’est devenu un accord international accepté par le M23 et le Rwanda. C’est faux. C’est la loi congolaise actuelle, mais le M23 la rejette sur le terrain. Présenter cela comme un “accord signé” est de la désinformation.


