Une rumeur a rĂ©cemment fait le tour des rĂ©seaux sociaux et des plateformes en ligne, affirmant que deux individus espions français ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă Kinshasa.
Selon cette rumeur, ces personnes ont Ă©tĂ© dĂ©masquĂ©es pour avoir manipulĂ© une valise satellitaire installĂ©e Ă lâantenne A, une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision locale, accusĂ©e dâutiliser cet Ă©quipement pour surveiller les conversations du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi et de ses alliĂ©s.
Sur Facebook, cette rumeur a Ă©tĂ© partagĂ©e par plusieurs internautes et mĂ©dias dont celui dit “wazalendo /communiquer autrement :
” Le Congo d’abord ” qui a aussi partagĂ© aux cĂŽtĂ©s de MichĂ©e Lutumba, Bony Mfun’y, Jean Rivera Baleja et Okita Roger Lussamaki. Ces derniers contactĂ©s sur messenger, n’ont pas pu fournir Ă Congo Check les informations relatives aux sources et l’origine de l’image de deux prĂ©sumĂ©s infiltrĂ©s français :
Il s’agit d’une fausse information.
Antenne A parle d’une infox et fait une mise au point
Joint par Congo Check, le directeur en charge des informations sur la chaĂźne Antenne A, John Ngombua, directeur des informations au sein de la chaĂźne antenne A parle d’une campagne de diabolisation Ă travers une mise au point partagĂ©e Ă Congo Check.
” Depuis le passage le mardi 29 juillet dernier dans nos installations, de prĂšs de 40 militaires armĂ©s, Ă la recherche d’une soi-disant “valise satellitaire”, plusieurs internautes, particuliĂšrement ceux des rĂ©seaux sociaux en quĂȘte du buzz, se sont ruĂ©s sur cet incident malheureux pour se faire un nom affirmant que la fameuse valise, manipulĂ©e par des imaginaires sujets français, avait bel et bien Ă©tĂ© dans un des locaux de notre chaĂźne. Une fausse information d’autant que juste aprĂšs le dĂ©part de ces derniers qui avaient malheureusement embarquĂ© notre rĂ©alisateur pour des raisons d’enquĂȘte. Nos programmes de diffusion se poursuivent jusqu’Ă aujourd’hui sans aucun problĂšme. Et le rĂ©alisateur en question avait Ă©tĂ© relĂąchĂ© le lendemain matin sain et sauf” dĂ©clare le chef des informations de la chaĂźne Antenne A.
” DĂšs lors, nous attirons l’attention de nos tĂ©lĂ©spectateurs sur cette campagne de diabolisation et, en mĂȘme temps, mettons en garde les propagateurs de cette fausse information que nos avocats n’hĂ©siteront pas Ă ester en justice le prochain qui osera dĂ©sinformer l’opinion en parlant de cette imaginaire valise satellitaire qu’il devra prouver devant la justice aussi bien nationale s’il est en RDC, qu’internationale s’il est Ă l’Ă©tranger. Ce conformĂ©ment aux dispositions pertinentes de l’article 226-10 du Code PĂ©nal congolais sur la diffusion des fausses informations susceptibles de nuire Ă la rĂ©putation ou Ă la crĂ©dibilitĂ© d’autrui”, conclut-il.
Les incohérences et éléments factuels
La technologie satellitaire Ă©voquĂ©e dans la rumeur dĂ©note d’une tĂ©lĂ©dĂ©tection spaciale nĂ©cessitant un engin spacial. La surveillance Ă distance via satellite exige des Ă©quipements trĂšs sophistiquĂ©s, coĂ»teux et trĂšs rĂ©glementĂ©s, qui ne peuvent ĂȘtre manipulĂ©s clandestinement de maniĂšre isolĂ©e dans une ville de Kinshasa.
Aucune mention nâest faite dans les rapports officiels ou dans les communiquĂ©s des services de sĂ©curitĂ© congolais, tel que cela a toujours Ă©tĂ© le cas Ă chaque tentative faite contre le prĂ©sident de la rĂ©publique.
Aucune source officielle, aucune preuve nâa Ă©tĂ© produite pour corroborer ces accusations.
Congo Check a en outre contactĂ© la prĂ©sidence, Ă travers la porte-parole du prĂ©sident de la RĂ©publique, Tina Salama, qui a n’a apportĂ© aucun Ă©lĂ©ment de rĂ©ponses Ă nos questions, cela aprĂšs plusieurs tentatives.
En utilisant les outils de vĂ©rification d’images pour avoir des informations sur la photo de deux pretendus infiltrĂ©s français avec derriĂšre eux, un sujet militaire, nous n’avons pas pu obtenir des informations quand Ă sa source, moins encore celles sur les publications des mĂ©dias officiels et crĂ©dibles qui n’auraient pas manquĂ© Ă mentionner et diffuser une actualitĂ© aussi poignante de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo.
La propagation de telles fausses nouvelles peut avoir des consĂ©quences telles que la dĂ©stabilisation politique, la mĂ©fiance entre partenaires internationaux et atteinte Ă l’image du pays. D’autant plus qu’il nâexiste aucune preuve crĂ©dible de lâexistence de ces infiltrĂ©s ou de dispositifs de surveillance satellitaire en lien avec cette affaire.


