« Le ministère des Finances de la RDC annonce le lancement de Congo Pay, une solution permettant le paiement des salaires des fonctionnaires via mobile et cartes bancaires. Objectif : réduire les retards, renforcer la transparence et moderniser le système de paiement public en République démocratique du Congo ». Ce message circule en boucle sur Facebook depuis mi-février, alors que les fonctionnaires de l’administration publique en RDC attendaient de toucher leur salaire du mois de janvier. Dans ces publications devenues virales, « Congo Pay » est présenté comme une solution destinée à verser les salaires des fonctionnaires via mobile et cartes bancaires. Cette solution viserait de mettre fin aux retards de paiement et à moderniser le système de paie dans le pays. En réalité, aucune annonce du genre n’a été faite par le gouvernement congolais.
Pour rendre crédible la désinformation, ces messages se font accompagner d’un visuel, présenté comme un « Message du Ministère des Finances ». Une observation du document a permis à Congo Check de relever plusieurs incohérences : le document ne comporte ni date, ni numéro de référence, ni signature officielle. De plus, le ton est promotionnel et inhabituel pour un communiqué administratif. Enfin, le document est signé par « Dodo Fwamba » et non Doudou Fwamba. Une erreur quasi impossible pour un document officiel.
Alors que nos équipes ont cherché en vain de trouvé l’annonce sur les canaux numériques du ministère des Finances, elles ont réussi tout de même à contacter la cellule de communication. « C’est un fakenews, nous ne reconnaissons pas ce document », a répondu Laurent Omba, rédacteur au ministère des Finances.
Sur Internet, ce type de désinformation peut servir à déstabiliser la confiance envers les institutions. Si des agents publics y croient, puis découvrent qu’il s’agit d’un faux, cela peut nourrir un sentiment de manipulation ou d’incompétence perçue. Aussi, il existe un risque que ce genre de montage soit utilisé plus tard pour préparer des tentatives d’arnaque, par exemple en demandant aux fonctionnaires de fournir des informations personnelles sous prétexte d’inscription à un système inexistant.
Pour ne pas tomber dans le piège, il est essentiel de vérifier l’origine des documents administratifs avant de les partager.


