Une séquence vidéo virale a été publiée sur la page Facebook « N-Muyembi officiel », connue dans la diffusion des informations erronées. La vidéo montre un civil gravement agressé par un groupe de six militaires, qui le traînent au sol, deux d’entre eux lui tiennent les mains et deux autres les pieds, tandis qu’un cinquième le frappe avec un grand morceau de bois. La légende qui accompagne cette vidéo accuse les militaires de l’AFC/M23 à Goma d’avoir orchestré cette torture. Méfiez-vous de la légende collée à cette vidéo sortie de son contexte pour manipuler l’opinion publique. Des recherches menées par Congo Check ont révélé que cette scène de violence physique a en réalité eu lieu à Kolwezi, plus précisément dans le quartier Kapata en 2024 et non à Goma, et impliquait des éléments des FARDC, et non ceux du M23/AFC.
« Regarde comment les M23/AFC traitent nos frères de Goma. » écrit la page “ N-Muyembi ”
Mise en ligne le 5 septembre, cette vidéo a déjà amassé 135 partages, 426 réactions et 191 commentaires. Dans lescommentaires, de nombreux internautes, trompés par la désinformation, expriment leur indignation à l’encontre du M23/AFC, condamnant fermement cet acte de torture.
Une vidéo filmée à Kolwezi et n’on Lubumbashi
Dans sa première phase de vérification pour établir le contexte réel de cette vidéo, Congo Check a, comme à son habitude, recouru à la recherche inversée d’images à l’aide de Google Lens. Malheureusement, aucune correspondance visuelle n’a été trouvée, ce qui indique que la vidéo n’a probablement pas été largement relayée par les médias.
Limité dans cette première étape, l’équipe de rédaction de Congo Check a ensuite interrogé des témoins ayant connaissance ou ayant vécu la scène de violence physique impliquant un citoyen et un groupe de militaires.
Mpande Kyala, un habitant de Kolwezi, a été le premier témoin interviewé. Il a confirmé que cet incident de violence s’est produit à Kolwezi en novembre 2024. Selon ses explications, un groupe de soldats a cambriolé une maison dans le quartier de Kapata, au niveau de B6. À l’intérieur, des garçons se sont défendus en capturant un militaire et un motard faisant partie des cambrioleurs. Cet acte d’insécurité a entraîné deux blessures par balle parmi ces garçons, l’un au pied et l’autre à la main. Alertée, la population du quartier a décidé de brûler vif le soldat et le motard, tandis qu’un autre militaire a été lapidé. Quelques jours après cet incident, un bouclage a été organisé dans les quartiers Kapata et Musonoie, et c’est là qu’un citoyen a été sévèrement tabassé. Ces militaires, qui ne provenaient pas de Kolwezi, parlaient Tshiluba, Lingala et un peu de Swahili.
« C’était en novembre, si je ne me trompe pas. Un groupe de soldats et de policiers a cambriolé une maison dans le quartier de Kapata, vers 5h du matin. Heureusement, ce père n’avait que des garçons chez lui, et ils se sont défendus vigoureusement en attrapant deux soldats et le motard. Deux garçons, fils des parents victimes du cambriolage, ont été blessés par balles, l’un au pied et l’autre à la main. Cela a suscité une révolte de la population qui a brûlé un soldat et le motard, tandis qu’un deuxième soldat a été lapidé. C’est alors que les soldats se sont mobilisés pour boucler les quartiers de Kapata et Musonoie, qui sont voisins. Ce monsieur, un creuseur, sortait pour aller au marché lorsqu’il est tombé entre les mains de ces gens malveillants qui tuent et punissent sous le prétexte de leur autorité. Ce sont des FARDC, mais ils ne sont pas de Kolwezi ; ils parlent Tshiluba, Lingala et un peu de Swahili. Ce monsieur a été tabassé à partir de 22h », a témoigné Mpande.
Jayson Matuko, un autre résident de Kapata, confirme également que cet événement s’est produit l’année dernière.
En observant attentivement la vidéo, nous avons noté que le paysage où cet incident a eu lieu ne correspond en rien à celui de Goma. Le sol visible dans la vidéo est de couleur gris-brun, tandis que celui de Goma est volcanique et de couleur noire.
Etant actuellement à Goma, aucun incident de cette nature n’a été rapporté.
Après vérification basée sur les témoignages des habitants, nous confirmons que cette scène de violence concernant un civil et des militaires date de 2024 à Kolwezi, et non à Goma. Les militaires impliqués sont des FARDC, et non ceux du M23.


