Le 4 décembre, les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi se sont rendus à Washington pour signer un accord de paix entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo, reposant sur deux axes principaux : la sécurité et l’économie. Trois jours après cet événement, la page Facebook “Moïse le Sauveur Kandolo” a relayé une information selon laquelle Paul Kagame a déclaré, dans une interview accordée à la chaîne qatarie Al Jazeera, avoir signé cet accord sous la pression et contrainte de Donald Trump. Attention, ces propos sont faussement attribués au président Kagame. Après avoir visionné l’intégralité de l’interview, Congo Check confirme qu’il n’a jamais tenu ce discours, qui relèvent d’une pure invention.
« Rwanda : Kagame sort de son silence après la signature de l’Accord de paix à Washington entre la RDC et le RWANDA. Il s’exprime sur Al Jazeera.
Le Président Rwandais estime qu’il a signé cet Accord par contrainte, sous pression du Président Donald Trump. » lit-on cette publication
Propos faussement conférés à Paul Kagame
Dans le but d’évaluer l’authenticité des graves propos attribués au président rwandais concernant l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC, Congo Check a examinél’intégralité du discours tenu par Paul Kagame lors d’une mission d’Al Jazeera le 7 décembre. Durant cette intervention, il a détaillé les points essentiels de cet accord.
Nulle part dans son discours il n’a évoqué avoir signé cet accord sous contrainte ou par pression de Donald Trump. Voici la synthèse des éléments importants exprimés par Kagame :
Clarification sur l’origine des minerais
Paul Kagame a réagi aux allégations selon lesquelles tous les minerais du Rwanda proviendraient de la RDC. Il a déclaré que le Rwanda possède ses propres ressources minérales de haute qualité, notamment :
– Le Tungstène
– L’Étain
– Le Tantale
Kagame a contesté l’idée que ces minerais n’existeraient qu’en République Démocratique du Congo.
Justification du recours aux médiateurs Internationaux
En réponse aux critiques concernant le choix de médiateurs non africains, tels que le Qatar et Washington, Kagame a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait délaissé les initiatives africaines. Il a précisé que c’était le président congolais Félix Tshisekedi qui avait pris l’initiative de se rendre au Qatar et à Washington.
Mise en garde sur l’application de l’accord
Concernant la mise en œuvre de l’accord de paix, le président rwandais a exprimé sa méfiance envers Kinshasa, tout en comptant sur la vigilance des médiateurs.
– Appel à une médiation équilibrée : Kagame a insisté sur le besoin d’une pression internationale qui ne soit pas unilatérale, alors que les manquements de la RDC, qu’ils soient réels ou perçus, doivent également être mis en lumière par les garants.
– Il a espéré un suivi rigoureux de la part des États-Unis et du Qatar.
Kagame a mis en garde contre une habitude passée de la RDC, où le pays “ revient sur sa décision le lendemain ” de la signature d’un accord. Il a également soutenu que Tshisekedi cherchait à “manipuler ces processus en sa faveur” en utilisant le poids géopolitique de la RDC.
Après avoir attentivement écouté les propos de Paul Kagame sur Al Jazeera concernant l’accord de paix, il n’est nulle part fait mention d’une signature sous pression ou contrainte de Donald Trump. Ces allégations sont donc totalement infondées.


