Une publication devenue virale sur le réseau social Facebook et dans plusieurs groupes WhatsApp prétend que les Volontaires pour la Défense de la Partie (VDP)-Wazalendo, ont repris le contrôle du chef-lieu du territoire de Masisi le 16 mars, délogeant ainsi les militaires de l’Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC). Congo Check, après vérification, remarque que cette publication véhicule une information totalement fausse. Les sources sur places qui se sont confiées à la rédaction ont rapidement montré que cela n’a pas été fait et aucun affrontement n’a été rapporté en ce jour. Jusqu’à présent, c’est le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) qui administre le centre du territoire de Masisi, situé au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). « Masisi Centre Libéré. Meeting de Wazalendos avec la population en cours. On ne blague pas avec les Wazalendos » peut-on lire dans une publication qui n’a pas tardé à attirer la confiance d’un nombre suffisant d’internautes.
Avis des internautes
Les internautes n’ont pas attendu très longtemps pour montrer leur attention à cette publication. Congo Check le remarque par des réactions qui accompagnent la publication. Dans une durée très courte, des centaines de mentions j’aime et des commentaires sont comptés. Signe que les gens suivent de très près l’avancement de la situation sécuritaire sur le terrain. Des réactions qui prouvent que certains d’entre eux ont facilement été trompés à côté de ceux qui ont refusé de se laisser embobiner. Cependant, plus de mille mentions j’aime sont visibles sur les différents posts. Voici quelques commentaires: Anaclet Mbiya « Nous sommes derrière vous les wazalendo. Les hommes qui prouvent l’amour de leur pays d’origine. Allez toujours de l’avant » Georges Manipi n’a pas compris le fait que Masisi Centre soit repris avant d’autres localités qui entourent le chef-lieu « Masisi Centre sans prendre Nyabiondo ou encore Kashebere? » et pour Cosmor Lokale « Merci beaucoup à vous chers fardc et nos compatriotes wazalendo pour cet engagement qui n’est rien d’autre que bouter l’ennemi d’où ils sont venus »
Résultats de la vérification
La rédaction n’a pas trouvé important que les gens continuent de consommer de la désinformation. C’est pourquoi, l’équipe est entrée en contact permanent avec plusieurs personnes qui se trouvent à Masisi Centre. Les enseignants, les agents humanitaires, les cultivateurs, tous ont confirmé la présence de L’AFC-M23 dans la zone sous une quiétude. Olympia Pembeni est un enseignant à l’Institut 2 Masisi, une grande école située dans le quartier Camp Saio. Se confiant à Congo Check, il a confirmé que Masisi Centre est toujours sous contrôle total de L’AFC-M23. « je suis à Masisi centre. Il n’y a pas d’hostilité ici » confie-t-il
Congo Check a contacté Pascal Kitsa, ancien journaliste, habitant de la cité de Masisi. Lui qui a appelé à ne pas se confier aux informations relayées dans les réseaux sociaux avant de s’étonner d’entendre que beaucoup de personnes sont au courant que Masisi Centre est désormais sous le contrôle de Wazalendo. « Masisi centre ? Méfiez-vous des fausses informations sur les réseaux sociaux mon cher » dit-il.
En joignant Célestin Bora Uzima Shamba, agent à l’hôpital Général de Référence de Masisi Centre, rien de contraire aux précédentes confirmations n’a été établi. Lui d’ailleurs pense que cela ne se réalisera pas. « Jamais. Fausse information » a-t-il déclaré. Un avis corroboré par Ivette Bandu, habitante du quartier Birere qui s’est confiée à la rédaction de Congo Check.
Pourquoi vérifier ?
Une année et deux mois déjà depuis que les wazalendo ont été frappés et obligés de quitter le chef-lieu du territoire de Masisi, qui reste un endroit stratégique abritant les institutions et bureau de l’administration territoriale. Depuis lors, les affrontements sont très souvent enregistrés dans la zone. Les wazalendo veulent reprendre le contrôle de cette grande cité en attaquant habituellement les positions de L’AFC-M23. En début de l’année en cours, des bombes d’une origine qui reste jusqu’à présent inconnue étaient larguées sur la base d’une organisation non gouvernementale. Des dégâts humains et matériels avaient été rapportés. Il était important pour la rédaction de rétablir la véracité pour épargner la communauté en ligne de consommer une information erronée et d’arrêter la chaîne de propagande.


