Ces derniers jours, un message circulant sur les réseaux sociaux congolais affirme qu’une nouvelle épidémie de COVID-19 sévit en République démocratique du Congo et que le ministère de la Santé de la RDC aurait publié une circulaire détaillant un traitement à suivre à domicile. Selon ce message, il faudrait prendre des médicaments précis tels que le Panadol, l’Azithromycine et diverses vitamines, pratiquer des inhalations de vapeur et éviter de se rendre dans les hôpitaux. Après vérification, ces allégations sont totalement infondées et peuvent être dangereuses pour la santé.
« Le ministère de la Santé s’adresse et avertit les citoyens de ne pas se rendre à l’hôpital lorsqu’ils ressentent des symptômes de Corona ou de toute autre maladie. Si vous pensez être infecté et que ces symptômes apparaissent : essoufflement – toux – fièvre, restez chez vous. Ne vous rendez dans aucun hôpital, centre médical ou clinique, votre sortie propagera davantage le virus », lit-on sur cette prétendue circulaire qui contient également un numéro vert : le 195, pour joindre l’équipe mobile d’intervention.
Pourtant, aucune circulaire officielle confirmant ces instructions n’a été publiée par le ministère de la Santé. Congo Check a parcouru le compte X et la page Facebook du ministère de la Santé, sans succès.
Lors du Conseil des ministres du 13 mars, la ministre de l’Éducation nationale, faisant l’intérim de son collègue de la Santé en mission, présenté une situation épidémiologique marquée uniquement par les épidémies du Choléra et du Mpox. Aucune mention du Covid-19 n’a été faite. « Aucune circulaire n’a été publiée. Il ne faut pas se fier aux rumeurs des réseaux sociaux », a averti, pour sa part, la cellule de communication du ministère congolais de la Santé, contactée par Congo Check.
Des recherches effectuées par nos équipes renseignent que le Panadol, un des produits cités dans le tract, peut effectivement soulager la fièvre et les douleurs, cependant, l’Azithromycine n’a aucun effet antiviral contre le COVID-19 et son usage sans prescription peut provoquer des effets secondaires graves.
De plus, les fortes doses de vitamines et de minéraux présentées dans le message ne remplacent pas un suivi médical et peuvent être toxiques. « L’automédication est très dangereuse pour le corps, même lorsqu’il s’agit des vitamines », a confié Dr Diwa, médecin à l’hôpital Saint-Joseph de Kinshasa.
Le message se base également sur des arguments pseudo-scientifiques concernant le pH des aliments, affirmant que certains fruits et légumes alcalins peuvent éliminer le virus. Cette affirmation est scientifiquement incorrecte.
Sur Internet, la désinformation sanitaire est l’une des plus dangereuses. Se fier à des sources fiables comme le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé reste indispensable pour protéger sa santé et celle de ses proches.


