L’image a fait réagir le pays. Un médecin administrant des coups à une jeune dame qui s’opposait visiblement à des soins. Devenue virale, la vidéo a donné lieu à un double procès à Kinshasa, devant la justice pénale et la justice ordinale. Sur Facebook, des publications ont annoncé à tort la radiation du médecin, Dr David Balanganayi, se basant sur une vidéo du ministre de la Santé. Cette affirmation, largement relayée sur les réseaux sociaux, est inexacte et résulte d’une déformation d’informations réelles.
« Enfin, c’est Officiel, le Dr David Balanganayi a été bel et bien radié de l’ordre des médecins du Congo », lit-on sur une de ces nombreuses publications. Pourtant, d’après les éléments vérifiés, David Balanganayi n’a pas été radié de l’ordre professionnel.
Le Conseil national de l’ordre des médecins, contacté par Congo Check, a confirmé que Dr Balanganyi fait l’objet « d’une suspension temporaire de trois mois ». Cette information est d’ailleurs confirmé par plusieurs médias locaux et étrangers (voir ici et là)
L’origine de la confusion semble liée à une déclaration publique du ministre de la Santé, Samuel Kamab, lui-même médecin et qui a affirmé avoir donner une « instruction » au Conseil national de l’ordre des médecins pour la « radiation ». Cette formulation, reprise sans vérification ni précision, a été amplifiée sur les réseaux sociaux, où elle a progressivement été interprétée comme une sanction définitive.
Selon Maître Yana Ndikulu, avocat au Barreau de Kinshasa/Matete, le ministre n’a pas raison de faire cette demande. « Ce n’est pas de sa compétence. La qualité de ‘médecin’ dépend de l’ordre des médecins et le ministre n’a aucune qualité pour demander la radiation du médecin », a-t-il recadré.
La distinction entre suspension et radiation est essentielle. Une suspension est une mesure temporaire, généralement assortie de conditions, tandis qu’une radiation implique une interdiction définitive d’exercer.
Cette désinformation découle d’une pratique répandue en journalisme, c’est-à-dire reprendre des propos des officiels sans vérification. Cependant, une déclaration officielle peut parfois être imprécise ou sortie de son contexte. Ce qui rappelle l’importance de vérifier les termes utilisés, y compris par des officiels.


