Depuis la matinée de ce dimanche 8 mars, des détonations d’armes lourdes ont été entendues dans des quartiers périphériques du Nord de la ville de Goma, au Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans la journée du lundi 09 mars, la page Facebook dénommée Bunagana News a partagé une publication affirmant que les Jeunes Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), qui se réunissent dans des groupes appelés les wazalendo ont récupéré entièrement la ville de Goma sous le commandement de Jules Mulumba. C’est une fausse affirmation. Les équipes de Congo Check installées dans la ville de Goma ont fait une tournée dans la ville lundi et le matin de ce mardi 10 mars. Les militaires de la plateforme politico-militaire Alliance Fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars (AFC-M23) contrôlent jusqu’à présent tous les quartiers de Goma.
Propos des followers
Des contenus en ligne font partie intégrante des moyens les plus employés pour atteindre un nombre important de personnes quant à ce qui concerne le partage des informations. Dans cette logique, beaucoup de gens sont actifs. En ce qui concerne par exemple cette publication, ils n’ont pas tardé à analyser la situation sécuritaire et les informations provenant surtout de la ligne de front sur l’ensemble des territoires affectés.
Si certaines personnes dont la plupart ne sont pas présentes dans la ville ont été dupées en faisant confiance à la désinformation, ceux qui se trouvent dans la ville où qui suivent de manière attentionnée les informations sur le contexte sécuritaire au Nord-Kivu et Sud-Kivu n’ont pas été trompés. Leurs commentaires prouvent suffisamment qu’ils ont détecté la fausseté. Voici le commentaire de Maurice Djefika « Chaque chose a son temps. Aujourd’hui c’est notre temps pour récupérer notre terre congolaise » José Makwala « Du courage les grands guerriers Fardc et Wazalendos » Delphin Babirwe « Vraiment soyez sérieux. Pourquoi mentir? »
Descente sur terrain
Déjà la désinformation consommée et il était temps de fournir aux internautes une version réelle de ce qui se passe dans la ville de Goma. Cependant, l’équipe a visité plusieurs coins de la ville pour sortir des éléments pertinents. À Ndosho par exemple, où Congo Check s’est rendu tard dans la soirée du même jour du partage de la désinformation, personne n’a signalé la récupération de la ville par les wazalendo. « Nous avons entendu des bombes toute la journée de ce dimanche. Nous n’avons pas quitté la ville. Nous n’avons pas également vu l’entrée de wazalendo, nous ne sommes pas déplacés. Renseigne une habitante non loin de L’Institut Supérieur de Technique Médicale de Goma (ISTM Goma) à Balindu, dans l’avenue maman Elisabeth. Ces propos ont été corroborés par plusieurs autres personnes.
La ville de Goma est calme
Ce mardi 10 mars, Congo Check poursuit la vérification. L’équipe s’est orientée du côté du centre-ville. Des éléments qui montrent que la ville a connu lundi l’entrée des militaires Wazalendo n’ont pas été établis. Congo Check a constaté que tout le monde vaque librement dans ses activités. Les commerçants écoulent leurs marchandises, dans des marchés et ailleurs. Les élèves, étudiant.e.s, enseignant.e.s se rendent à l’école et à l’Université. Le transport en commun se passe comme il faut et personne n’a confirmé que la ville est sous le contrôle des Wazalendo, moins encore des Forces Armées de République Démocratique du Congo (FARDC).
Les équipes ont rencontré des Jeep des militaires de L’AFC-M23 en train de passer. Une activité de routine pour sécuriser la population de Goma depuis leur entrée dans la ville. La prise des entités densément peuplées ne devrait pas passer dans les oubliettes que ce soit au niveau national ou international. Cela impliquerait une communication claire. Ce qui n’a pas été fait. Les informations diffusées sur la Radio France International et bien d’autres médias nationaux n’ont pas aligné une information sur la récupération de la ville de Goma. Ceci montre que la publication qui circule ci et là pour tromper les internautes que la ville de Goma est désormais contrôlée par les forces gouvernementales ne mérite aucune attention. La ville est passée sous le contrôle total des militaires de l’Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC), une branche militaire de la plateforme politico-militaire Alliance Fleuve Congo et Mouvement du 23 mars depuis le 27 Janvier 2025. Elle a déjà totalisé une année d’occupation et depuis lors, aucune force gouvernementale.


