A la suite des incidents lors du match opposant les Léopards de la RDC aux Lions de la Terranga du Sénégal, une vidéo devenue virale, mêlant un montage photo et une voix synthétique, a circulé sur les réseaux sociaux, affirmant que la République Démocratique du Congo pourrait être exclue de la CAN 2025 et condamnée à une amende record de 8 millions de dollars, suite aux débordements constatés. Cette information, largement partagée, ne repose cependant sur aucune base factuelle, encore mois des règlements en vigueur.
Le 9 septembre, le Stade des Martyrs de Kinshasa a refusé du monde, mais l’engouement populaire n’a pas empêché la défaite des locaux face aux Sénagalais dans un match comptant pour les qualifications à la Coupe du Monde 2026. À l’issue de la rencontre, des scènes de violence ont éclaté : des sièges ont été arrachés et lancés sur le terrain, et des affrontements ont opposé supporters et forces de l’ordre, provoquant plusieurs blessés et des dégâts matériels.
A Kinshasa, la Fédération congolaise de football (FECOFA) a rapidement condamné ces actes, promettant de collaborer avec les autorités pour identifier et sanctionner les responsables alors que la Confédération africaine de football (CAF) a ouvert une enquête disciplinaire. Toutefois, cette enquête ne menace nullement la participation de la RDC à la prochaine CAN, prévue en décembre au Maroc.
Interrogée sur les risques qu’encourt la RDC, la cellule de communication de la FECOFA a évoqué « des sanctions financières », la « fermeture du stade » ou encore « l’imposition du huis-clos ». « C’est faux, il n’y a aucun risque de voir la RDC être disqualifiée de la CAN », a répondu la cellule de communication via mail.
A la CAF, les règlements prévoient en effet que les fédérations doivent assurer la sécurité des stades, sous peine de sanctions pouvant inclure des amendes, des matchs à huis clos, ou la suspension de stades. 2. « L’organisateur de match doit rappeler aux spectateurs les substances et objets interdits dans le stade, le comportement fair-play et raisonnable à adopter, ainsi que les potentielles conséquences graves (amendes, interdictions, huis clos, interdictions de stade, etc.) du non-respect de ces directives pour les joueurs, les équipes et eux-mêmes », précise le point 2 de l’article 27 du Règlement de la CAF sur la sûreté et la sécurité. De son côté, la FIFA impose également des mesures strictes pour protéger la sûreté et la sécurité dans les stades lors des matchs internationaux.
En outre, les recherches de Congo Check ont permis de découvrir que le montant de 8 millions de dollars avancé comme potentiel amende contre la RDC est infondé. « Ça ne peut pas être vrai. D’abord, les amendes de la FIFA s’exprime en franc suisse. Et généralement cela n’atteint jamais le million de dollars », a expliqué le journaliste sportif Guylain Mabiala.
Pour le moment, les décisions finales dans cette enquête ne sont pas encore tombées même si la place de la RDC dans la prochaine CAN n’est pas du tout menacée. Dans le pays, l’information a suscité des commentaires divers alors que le football occupe une place de choix.


