Depuis quelques jours, des publications virales affirme que la FIFA aurait décidé d’obliger les joueurs à représenter uniquement leur pays d’origine après la Coupe du monde 2026, mettant ainsi fin à la notion de nationalité sportive dans le football. Cette affirmation est fausse et ne repose sur aucune annonce officielle.
Pour étayer cette désinformation, ces auteurs et vecteurs ont utilisé des vidéos générées avec l’intelligence artificielle, mettant en scène Gianni Infantino, président de la FIFA, en train de faire cette annonce. Alerté par l’intonation robotique de ces séquences, Congo Check les analysées à l’aide de Hive Moderation, TruthScan et Undetectable. Les trois outils ont conclu que ces séquences ne sont pas authentiques.
De plus, les recherches mené par nos équipes ont établi que les règles encadrant l’éligibilité des joueurs aux équipes nationales sont définies dans les articles 5 à 8 du Règlement d’application des statuts de la FIFA. Contrairement à ce que suggère la rumeur, ces dispositions ne reposent pas sur la notion de « pays d’origine », mais sur celle de nationalité.
L’article 5 précise qu’un joueur est éligible pour représenter une association nationale s’il possède la nationalité permanente du pays concerné. Cette règle fondamentale signifie qu’un joueur peut défendre les couleurs d’un État dont il n’est pas nécessairement originaire, dès lors qu’il en est légalement ressortissant.
L’article 6 encadre les situations dans lesquelles un joueur peut être éligible à plusieurs sélections. Il exige l’existence d’un lien concret avec le pays, comme une naissance sur le territoire, l’origine d’un parent ou grand-parent, ou encore une période de résidence. Ces dispositions reconnaissent explicitement les cas de double nationalité et les parcours liés aux migrations.
L’article 7 traite des joueurs ayant acquis une nouvelle nationalité. Il impose notamment des conditions de résidence, généralement fixées à plusieurs années après la majorité, avant de pouvoir représenter une nouvelle sélection. Là encore, ces règles confirment que la FIFA autorise des trajectoires multiples, loin de toute obligation liée au seul pays d’origine.
Enfin, l’article 8 prévoit la possibilité de changer de sélection nationale, sous certaines conditions strictes, notamment en l’absence de participation à des compétitions officielles avec l’équipe A. Cette disposition, assouplie ces dernières années, permet à certains joueurs de modifier leur choix initial.
Aucune de ces règles ne prévoit une obligation généralisée de représenter exclusivement son pays d’origine, ni l’introduction d’une telle mesure après 2026. Une réforme de cette ampleur constituerait un changement majeur dans le fonctionnement du football international et ferait nécessairement l’objet d’une communication officielle largement relayée, ce qui n’est pas le cas.
Approchée, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a dit ne pas être au courant de cette décision qui n’est d’ailleurs pas non plus visible sur le site de la FIFA.


