Une publication sur Facebook prétend que le président américain Donald Trump, a donné l’ordre au président congolais Félix Antoine Tshisekedi, d’attaquer directement le Rwanda. Dans sa démarche de vérification, Congo Check constate que l’information est fausse. Aucune permission n’a été donnée par les États-Unis de déclarer la guerre. Un accord de paix pour promouvoir le vivre ensemble de ces deux pays est déjà en vigueur.
Avis des internautes
Cette publication compte beaucoup de réactions sur internet. Sur Facebook particulièrement, le contenu est plusieurs fois partagé sur des pages, et dans des groupes qui ont un nombre plus grand de followers.
Des mentions j’aime sont comptées. Dans les commentaires, les arguments sont divergents; ceux qui n’ont accordé aucun bénéfice de doute au contenu et d’autres qui n’ont pas accepté.
« Attaquer le Rwanda avec quelle armée? Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ne parviennent même pas avec les M23, combien de fois avec le Rwanda? Vous êtes vraiment malade” a commenté Biboungwa. Alain Benjamin a réagi de la manière suivante « Pourquoi le président attend qu’on lui donne l’ordre de sauver ces compatriotes ? » Muwo Bwene « Quand le même Trump va demander à Félix de respecter la constitution vous allez crier à l’ingérence extérieure » Serge Zabiti « Es-tu vraiment sérieux ? Finalement, qui dirige ce pays? »
Il était nécessaire de savoir pourquoi l’auteur a posté la publication. Dans cette logique, l’équipe leur a laissé un message contenant la préoccupation de l’origine de cette publication. Aucun retour ne nous a été réservé.
Un accord de paix entre la RDC et le Rwanda
Le 04 décembre, les présidents Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame se sont retrouvés à Washington aux USA. Sur la facilitation du président américain Donald Trump, le Rwanda et la RDC ont entériné un accord de paix. En ce qui concerne le règlement des différends, les deux pays ont pris l’engagement d’accorder la chance à la résolution pacifique des conflits. Les Parties se sont convenues que les différends sont réglés par des processus établis par le présent Accord et d’autres accords pertinents, plutôt que par des hostilités. « Les Parties ne permettent aucune activité militaire ou autre activité hostile l’une contre l’autre sur ou à partir de leur territoire respectif, et ne fournissent aucun soutien à de telles activités à l’étranger. À cette fin, les Parties s’engagent à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de telles activités soient initiées, planifiées, exécutées, commanditées ou financées à partir de leurs territoires » a-t-on lu dans l’accord de paix paraphé entre les deux nations sous les auspices des États-Unis.
Congo Check a consulté soigneusement les récentes sorties médiatiques du président américain Donald Trump au sujet de la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo, le Rwanda et toute la région de Grands Lacs. Aucune déclaration de Donald Trump accordant la permission au président congolais Félix Antoine Tshisekedi d’attaquer directement le Rwanda n’a été publiée.
Le 5 décembre dernier, au lendemain de la signature de l’accord, le président américain s’est vu encouragé par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) avec son tout premier prix de la paix. Lors de son allocution, Donald Trump a mentionné les régions en conflit dans lesquelles il s’investit pour que la paix s’installe définitivement. Le conflit entre la RDC et Rwanda avait été mentionné. Et là, encore une fois, il n’a pas donné la permission à la RDC d’attaquer le Rwanda.
Congo Check a contacté l’ambassade des États-Unis en République Démocratique du Congo, certainement pour demander si elle est saisie d’une quelconque décision qui serait publiquement prise par Donald Trump d’attaquer le Rwanda. Jusqu’à la rédaction de cet article aucune réponse n’a été réservée à Congo Check. Nous avons suivi de très près les récentes sorties médiatiques des présidents congolais et rwandais. Personne d’entre eux n’a déclaré la guerre à l’autre. Méfiez-vous, aucune déclaration de Donald Trump n’a permis au président congolais d’attaquer le Rwanda. À Doha, les négociations directes entre le gouvernement congolais et l’AFC M23 se poursuivent.


