Au lendemain de la défaite du FC Barcelone lors du Clasico face au Real Madrid (2-1), une image émotive, largement partagée sur Facebook, a prétendu montrer un jeune supporter congolais du FC Barcelone décédé à Kisangani après le coup du sifflet final. La publication, accompagnée d’un texte évoquant « une tragédie liée à la déception du match », a suscité des vagues de réactions et de commentaires attristés. Mais après vérification, cette information est fausse et l’image utilisée a été détournée de son contexte original.
« Triste nouvelle de Kisangani. Un jeune homme a tragiquement perdu la vie aujourd’hui à Kisangani, victime d’un accident de moto juste après la défaite du FC Barcelone face au Real Madrid (2-1). Selon des témoins, la déception liée au match aurait provoqué une réaction brusque, entraînant une chute mortelle. Cette tragédie nous rappelle que, malgré notre passion, le football doit rester un jeu, jamais un danger », lit-on sur ces publications.
Pourtant, une recherche d’image inversée a permis de remonter à plusieurs publications antérieures de cette même photo, bien avant le Clasico du 26 octobre. L’image circule en réalité depuis plusieurs semaines. Google Lens a daté la première apparition de l’image sur Internet à 4 semaines environ alors que la recherche a été effectuée le 4 novembre. Ce qui suggère que l’image circule au moins depuis début octobre, soit bien avant le Clasico.
[Capture Google]

Des recherches par mots-clés, ciblés sur la période allant du 25 septembre au 10 octobre a permis rapidement de confirmer cette version. La photo vient en réalité de la Côte d’Ivoire et montre un accident survenu le 6 octobre à Babadougou, un village du district du Comoé (voir ici, ici et là). Elle n’a aucun lien avec la RDC, ni avec Kisangani, encore moins avec le football.
Les sources locales à Kisangani ont expliqué qu’aucun drame n’a été enregistré après le Clasico. « C’est faux. Aucun drame de ce genre ne s’est produit ici », a expliqué Louise Longanga, activiste locale. Le monitoring des médias boyomais comme « Kaba Lisolo » n’a pas non plus permis de retrouver une actualité en lien avec ce prétendu drame.
Cette manipulation semble se repose sur un schéma classique d’infox émotionnelle, exploitant la passion populaire pour le football afin de créer une histoire tragique et virale. Les créateurs de ce type de rumeur utilisent souvent des images anciennes, parfois issues de banques de données ou de faits divers sans rapport, qu’ils réinterprètent pour susciter compassion et partages massifs.


