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FAUX, ce ne sont pas les hommes qui sont les seuls porteurs du papillomavirus (HPV), responsable du cancer du col de l’utérus

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Dans une publication devenue virale sur Facebook, une internaute indique que seuls les hommes sont porteurs du virus HPV, responsable du col de l’utérus. Les commentaires et les débats qui suivent cette publication donnent d’autres renseignements erronés sur ce sujet sanitaire, susceptibles de biaiser la perception du public face à cette maladie et désorienter la prévention contre cette maladie. Congo Check a consulté une importante documentation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’Institut Pasteur, de la plateforme Prévention Sida, d’Elsan ou de Cancer Environment… sur le papillomavirus et le cancer du col de l’utérus. Toutes ces documentations sont unanimes: la femme ou l’homme peuvent tous être porteurs du virus HPV, qui se transmet sexuellement sans ou avec pénétration orale, vaginale ou anale.

“Le saviez-vous ? Ce sont les hommes qui portent le virus (HPV) responsable du cancer du col de l’utérus…” écrit la publication partagée par plus de 570 personnes à moins de 13 heures de sa publication. La publication est sur la page Savez-vous AMD, qui se présente comme une initiative de vulgarisation médicale regorgeant une communauté de plus de 357 mille abonnés. Créée en 2017, la page est administrée depuis la République Dominicaine.

Un débat houleux est observable dans les commentaires, s’interrogeant sur l’origine de ce virus dans le corps des hommes présentés par cette publication comme étant les seuls porteurs du papillomavirus. “Qui donne ça (ce virus) aux hommes ? Ils ne naissent pas avec ou bien ? – Mais où chopent- ils ce virus ? – Pas d’homme pas de cancer du col de l’utérus – Pourquoi le dépistage ne se fait chez l’homme mais plutôt chez la femme ?” s’interrogent plusieurs internautes sur cette question d’autant plus que l’auteur de cette publication indiquent en commentaires que les hommes ne peuvent pas développer de maladies liées au papillomavirus, une autre assertion erronée car les verrues génitales non cancéreuses du penis, de l’anus ou de la gorge causés par le papillomavirus ont été répertoriés par les scientifiques chez les hommes notent les lectures de Congo Check.

“En 2019, le VPH a causé environ 620 000 cas de cancer chez les femmes et 70 000 cas de cancer chez les hommes” écrit l’OMS, qui cite Martel et al, Lancet Global Health 2019.

Tout humain (homme ou femme) actif sexuellement ou pas peut contracter et être porteur du virus HPV

L’infection à papillomavirus humain (HPV) est une infection sexuellement transmissible (IST) courante. La quasi-totalité des personnes sexuellement actives seront infectées à un moment de leur vie, le plus souvent sans présenter de symptômes note la page de l’Organisation Mondiale pour la Santé consacrée à cette maladie.

La revue médicale Elsan précise que le papillomavirus peut également se propager par contact de peau à peau.

“L’infection à HPV peut se manifester par des lésions cutanées, génitales et au niveau de la gorge” poursuit le document qui indique que les préservatifs peuvent contribuer à prévenir les infections à HPV, mais ne constituent pas une protection complète, car ils ne couvrent pas l’intégralité des parties génitales.

"Le groupe des papillomavirus humains (HPV) comprend 200 virus connus. Chez la majorité des personnes, une infection à HPV n’est pas préoccupante, mais certains types de HPV à risque élevé sont courants et peuvent entraîner des verrues génitales ou un cancer. Dans 90 % des cas, le système immunitaire élimine tout seul l’infection. Une infection à HPV à risque élevé persistante est une cause de cancer du col de l’utérus et est associée aux cancers de la vulve, du vagin, de la bouche/gorge, du pénis et de l’anus".

Hommes et femmes peuvent être affectés par une infection à papillomavirus y compris ses cancers

La revue Elsan tranche le débat public provoqué par la publication en cours d’examen. 

  • Le papillomavirus chez les femmes

Elles présentent le plus grand risque, car le HPV, chez elles, peut provoquer un cancer du col de l’utérus s’il n’est pas traité. Des formes bénignes de HPV peuvent également provoquer des verrues génitales chez les femmes.

  • Le papillomavirus chez les hommes

Il est moins dangereux chez les hommes, car les verrues génitales qu’il occasionne se résorbent en général d’elles-mêmes. Néanmoins, certaines souches de HPV peuvent évoluer en cancer du pénis, de l’anus, de la tête et du cou, mais les cas sont assez rares.

Un virus souvent asymptotique

La plateforme Prévention Sida alerte sur le développement de ce virus dans le corps humain, souvent sans aucun symptôme. D’où un appel au dépistage régulier dès l’âge précoce et après la majorité sexuelle. 

“Plus ou moins 80% de la population sexuellement active est un jour confrontée à une infection par le HPV. Les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus exposés : c’est dans cette tranche d’âge que survient la moitié des infections au HPV. Dans la plupart des cas, le virus disparaît sans rien faire après 1 ou 1,5 an grâce à l’immunité naturelle” écrit la plateforme.

Prévention Sida prévient que l’on peut être porteur·teuse d’un HPV sans avoir le moindre signe ou symptôme visible, et l’on peut dès lors transmettre le virus sans le savoir. Cette plateforme sensible pour le dépistage précoce, la vaccination et le traitement pour limiter les conséquences pouvant survenir d’une longue infection au virus HPV sans traitement.

– Dépistage

Pour les condylomes :

  • Examen médical visuel des parties génitales et de l’anus
  • Examen de la bouche et de la gorge par un médecin ORL.

Pour le cancer du col de l’utérus :

Frottis (prélèvement médical sans douleur d’un liquide ou de cellules de l’organisme en vue d’un examen microscopique) ou test HPV pour le dépistage des lésions précancéreuses. Un contrôle régulier permet de diminuer le risque de cancer du col de l’utérus. 60% des décès causés par le cancer du col de l’utérus peuvent être évités grâce au dépistage.

Les sources sanitaires consultées par Congo Check dans le cadre de cette recherche notent des particularités de ce virus selon les groupes de personnes exposées.

  • Prévention Sida indique par exemple que le virus HPV peut se transmettre de la mère à l’enfant lors de l’accouchement tout en indiquant que ce risque est minime car le virus disparaît chez le nouveau-né de soi au bout de plusieurs mois grâce à l’immunité naturelle.
  • Les données de l’OMS montrent que la prévalence du virus HPV est plus élevée parmi les femmes vivant avec le VIH, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les personnes immunodéprimées, les personnes atteintes d’autres IST, les personnes sous traitement immunosuppresseur et les enfants qui ont subi des abus sexuels.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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