Une publication très partagée sur Facebook et TikTok affirme que le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, aurait annoncé l’interdiction du ndombolo, un genre musical congolais sur tout le territoire français. Après vérification, Congo Check constate qu’il s’agit d’une fausse information. Aucune déclaration, aucun projet de loi, ni aucune proposition politique de Bruno Retailleau ne porte sur le ndombolo ou sur la musique africaine.
Publié sur Facebook, le post dit : « Le ndombolo, bientôt interdit en France ». Il est illustré par une vidéo d’une minute et six secondes dans laquelle on entend une voix dire entre autres : « Le ndombolo devient interdit à partir d’octobre. On te raconte ça. N’hésite pas à t’abonner pour retrouver ton actualité quotidienne. Le ndombolo est une danse de la République démocratique du Congo considéré à bouger ses fesses, son bassin et ses jambes en étant synchronisé avec des percussions congolaises. En effet, la danse sera bientôt interdite par Bruneau Retaillau ayant proposé un texte de lois à ce sujet pour cause : « africanisation des danses en France » se faisant remplacer petit à petit… »
Une rumeur née sur les réseaux sociaux
La publication devenue virale affirme que le sénateur français aurait déclaré que le ndombolo “détruit la culture française” et qu’il compte “le bannir des espaces publics et des médias”.
Le post ne renvoie à aucune source, aucune vidéo authentique, aucune conférence de presse, ni aucun article de presse française confirmant ces propos.
Aucune trace de cette déclaration dans les médias français
Pour vérifier cette affirmation, Congo Check a consulté : les communications officielles du Sénat français , les interventions médiatiques de Bruno Retailleau, les articles publiés par des médias tels que Le Monde, Le Figaro, France Info, CNews, BFMTV, AFP ; les réseaux sociaux du politicien (X/Twitter, Facebook, YouTube). Résultat : aucune mention du ndombolo, aucune allusion à un projet d’interdiction culturelle, ni même de débat en ce sens.
Les prises de position récentes de Bruno Retailleau portent essentiellement sur : l’immigration, la sécurité, la réforme du droit du sol, la délinquance, la régulation des téléphones des personnes en situation irrégulière. Jamais sur la musique.
Aucune base légale pour une telle interdiction
Même si une telle initiative existait, ce qui n’est pas le cas, une interdiction du ndombolo serait juridiquement impossible en France. La loi française protège : la liberté artistique, la liberté culturelle, la liberté d’expression etc. Une interdiction d’un style musical serait donc inconstitutionnelle. Plusieurs des publications qui partagent la rumeur utilisent des captures d’écran sans source ou des images anciennes modifiées.
Le ndombolo est un style de musique et de danse rapide, énergique et sensuel, originaire de la République démocratique du Congo. Il est dérivé de la rumba congolaise et du soukous, et a connu un grand succès à la fin des années 1990 et au début des années 2000. La danse est caractérisée par des mouvements de hanches, de bassin et de déhanchement, souvent inspirés par des attitudes du quotidien et des mouvements d’animaux.
Bruno Retailleau n’a jamais annoncé l’interdiction du ndombolo en France. Cette affirmation est sans preuve, ne repose sur aucune déclaration publique, et ne figure dans aucune actualité politique en France. Il s’agit d’une infox, amplifiée sur les réseaux sociaux.


