Une série de publications sur les réseaux sociaux affirme que Tony Yoka, champion olympique de boxe, aurait changé de nationalité sportive, quittant la France pour la RDC qu’il devrait désormais représenter, notamment lors des prochains Jeux olympiques. Ces messages sont accompagnés de photos montrant le pugiliste brandir sa nouvelle licence de boxeur professionnel obtenu de la Fédération congolaise de boxe à Kinshasa. Pourtant, cette affirmation est erronée, découlant d’une confusion.
En effet, Tony Yoka a effectivement obtenu une « Licence de boxe professionnelle » en RDC. « Je suis fier de pouvoir faire rayonner la République Démocratique du Congo aux yeux du monde ainsi que de pouvoir honorer ma parole et rendre hommage au ministre Didier Budimbu qui me fait confiance dans cette aventure. Voici ma licence de boxe professionnelle sous la direction de la Fédération Congolaise de Boxe », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux le 23 février.
C’est quoi une licence de boxe professionnelle ?
Très vite, l’annonce a laissé place à la spéculation alors que plusieurs personnes mais aussi des médias ont confondu « licence » et « nationalité sportive ». Pourtant, cette licence n’est nullement une nationalité. Elle permet plutôt à un boxeur de participer à des combats organisés par ladite fédération et d’être autorisé à boxer sur le territoire national. Elle ne constitue pas un changement de nationalité sportive et ne modifie pas la représentation officielle d’un athlète lors des compétitions internationales comme les Jeux olympiques.
En France, les boxeurs étrangers obtenir une Licence de boxe professionnelle, à condition de respecter les « procédures françaises d’admission au séjour et d’autorisations de travail ». (Voir statut du boxeur professionnel en France ici). Les recherches de Congo Check ont également permis de découvrir que Martin Bakole, bien qu’ayant la nationalité sportive congolaise, détient également une licence de boxe professionnelle britannique (consultable ici).
Quant à la nationalité sportive, les règles internationales, notamment celles de la International Boxing Association (IBA) précisent qu’elle « est confirmée par un passeport ou des documents de citoyenneté correspondant au pays représenté » et non par la licence. Si un boxeur souhaite changer de nationalité sportive, des critères stricts doivent être remplis, notamment dans certains cas un délai avant de pouvoir représenter un autre pays dans des compétitions internationales.
Après la diffusion de ces publications, Tony Yoka a lui-même clarifié la situation dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. Il a indiqué qu’il ne change pas de nationalité sportive et qu’il continuera à représenter la France lors des compétitions internationales. La licence congolaise obtenue concerne uniquement des aspects administratifs et des projets en RDC, tels que l’organisation de combats ou l’encadrement de jeunes boxeurs dans le cadre de ses activités locales.


