Alors que la République démocratique du Congo a célébré, le 18 février, le vingtième anniversaire de sa constitution, le débat autour d’un changement de Loi fondamentale est revenu en avant plan. Sur les réseaux, des publications ont affirmé qu’Evariste Boshab, un des constitutionnalistes les plus respectés au pays, a adhéré à l’idée d’un changement lors d’un colloque organisé à Kinshasa. Ces publications s’appuient notamment sur un extrait tronqué de son intervention. Pourtant, une version plus longue de son exposé que Congo Check a obtenu permet de contredire cette version.
Lors de son allocution, Boshab a rappelé les objectifs essentiels de la Constitution, qualifiée de « poumons » permettant le fonctionnement harmonieux des institutions et la garantie des droits fondamentaux. Selon lui, le texte devait « assurer le fonctionnement harmonieux des institutions de l’État, éviter des conflits, instaurer un État des droits, contrer toute tentative de dérive dictatoriale, garantir la bonne gouvernance, lutter contre l’impunité, assurer l’alternance démocratique ». Il a insisté sur l’importance pour chacun de se forger une opinion libre sur l’efficacité des initiatives prises afin que les préoccupations exprimées ne deviennent plus préoccupantes.
Boshab a ensuite présenté les principales critiques du texte actuel qu’il a recensés au sein de l’opinion. La première critique est celle texte « rédigée en Belgique, à Liège, comme ce fut le cas pour la loi fondamentale en 1960 ». « C’est une hérésie », a-t-il tranché.
Autre critique évoqué, celui de non adaptation du texte « aux temps actuels ». Ici, Boshab a mis en garde contre les tentations d’une révision « superficielle » dictée par la mode ou les réseaux sociaux. « La modification de la Constitution est une question politique, qui appelle mûrissement et maturation à ce qu’elle exprime », a-t-il mis en garde.
Pour conclure, Boshab a déclaré : « le changement de constitution n’est pas une question juridique car elle s’exprime en dehors des dispositions constitutionnelles préétablie. Il faut réfléchir deux fois (avant de penser au changement de constitution) ». Approché pour un commentaire, Boshab a décliné, estimant qu’il a parlé comme scientifique et non comme politique.


