Depuis le discours du président congolais Félix Tshisekedi à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, une image circule sur les réseaux sociaux montrant la salle de l’Assemblée générale complètement vide. La légende qui accompagne la photo laisse entendre un désintérêt général pour le discours du chef de l’État congolais.
« Les présidents congolais face à la salle ou à des salles vides de l’Assemblée générale de l’ONU », lit-on dans des publications qui comparent avec une situation similaire de Joseph Kabila en 2017. Sur Internet, cela a été suffisant pour alimenter des polémiques. « Qu’est-ce qui explique ce comportement de laisser les ‘présidents-fondateurs’ devant seulement les délégations de leur pays, lorsquils prennent parole pour les discours? », s’est interrogé un activiste.
Pourtant, une vérification attentive montre que cette image est en réalité un recadrage d’une photo de l’Agence AP datant du 22 septembre 2023, lors de la 78ᵉ session de l’Assemblée générale, au moment du discours du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. La salle apparaissait partiellement vide à ce moment précis. Le cliché a été pris par la photographe Mary Altaffer.
A l’époque, plusieurs médias avaient commenté cette situation. « A l’occasion de son intervention ce vendredi 22 septembre, devant les participants à la 78ème assemblée générale de l’ONU, le premier ministre de l’entité sioniste Benjamin Netanyahou a prononcé une allocution dans la grande salle de l’Assemblée Générale des Nations-Unies complètement vide, excepté la délégation qui l’accompagnait », a rapporté Algeria54.
Ce détournement d’images, porté par des politiques hostiles au président, illustre une leçon essentielle d’éducation aux médias : une image, même authentique, peut être manipulée ou sortie de son contexte pour véhiculer un message biaisé. Pour se protéger de ce type de manipulation, il est important de vérifier la date et la source des photos, de comparer plusieurs angles ou vidéos de l’événement, et de se méfier des légendes suggestives qui amplifient un récit particulier. Il est également recommandé de croiser les informations avec des sources fiables et officielles, comme les dépêches de l’ONU ou les agences reconnues.


