Une photo publiée sur différents canaux en ligne montre trois hommes ligotés et assis parterre , en tenue militaire, semblable à celle des Forces de Défense Nationale du Burundi (FDNB), qui est l’armée régulière burundaise. Les publications expliquent qu’il s’agit de l’arrestation des quelques éléments du mouvement politicomilitaire, Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), « arrêtés et tués » en grand nombre. Or, quand Congo Check a vérifié cette nouvelle, il a été remarqué qu’aucune présentation d’éléments de l’AFC/M23 n’a été faite à la date de la publication de cette nouvelle. De plus, l’image est hors-contexte, puisqu’elle remonte à neuf ans.
Postée fin octobre dernier, ces posts ( 1 , 2 ) ont été aimés, commentés et partagés par des milliers d’internautes. Lisette Lisa Mongendu, une page réputée pour ses différentes fausses informations déjà signalées par Congo Check, figure parmi ces comptes qui ont largement recueilli des réactions à cette publication.

La fausse information n’a pas échappé à X (anciennement appelé Twitter), où les mêmes explications erronées sont largement partagées.
Des insurgés burundais arrêtés en décembre 2015
Après vérification, l’équipe de Congo Check est parvenue à la conclusion que cette photo est sortie de son contexte. Elle ne montre pas des soldats M23 arrêtés, et son circonstance sont loin du contexte actuel de l’Est de la RDC.
La photo avait été prise par l’équipe de communication de l’armée burundaise, le 11 décembre 2015, lorsque trois militaires accusés de complicité avec les insurgés à Bujumbura, au Burundi, avaient été arrêtés.

Selon la Voix de l’Amérique (VOA), 43 hommes avaient été exhibés devant la presse lors d’une cérémonie organisée dans un camp des renseignements militaires à Uvira, ville frontière avec le Burundi à la pointe nord du lac Tanganyika.
Cette opération avait été menée avec l’aide des Forces armées de la RDC. Une partie de ces militaires burundais se faisaient passer pour des congolais avec des cartes d’électeur.
Autres indices de vérification
Un autre détail est la tenue portée par ces soldats arrêtés. Comme c’est visible, la tenue n’est pas des militaires de l’AFC/M23 mais plutôt de l’armée burundaise. C’est la même tenue que mettent encore les soldats burundais.
Ce que dit l’actualité
Néanmoins, le 5 octobre dernier, les FARDC avaient présentés seize combattants de la rébellion du M23 qui s’étaient rendus aux forces de sécurité, tout en affirmant avoir aussi arrêté 23 présumés collaborateurs de ce groupe armé dans la province du Nord-Kivu.

Quelques collaborateurs ont été arrêtés à Lubero, confie le lieutenant Marc Elongo, Porte-parole des opérations Sokola 1 affirmant que certains sont passés aux aveux. Parmi les combattants rendus, détaille le speaker de l’armée, certains avaient été recrutés par force lors de la prise des entités. Ils ont décidément quitté le maquis avec six armes à feu et des tenues militaires.
La manipulation, l’arme fatale de la désinformation
Notre équipe avait déjà traité dans le passé cette même désinformation, mais quand elle était attribuée à la cité de Bambo. La situation autour du M23 génère déjà beaucoup de tensions. Diffuser une photo ancienne de soldats burundais arrêtés en 2015 pour prétendre qu’il s’agit de combattants du M23 arrêtés aujourd’hui, c’est manipuler l’opinion. Dans un contexte sensible, ce type d’info peut alimenter la haine, la peur ou des représailles. Corriger cela contribue à éviter l’escalade émotionnelle.


