Une vidéo d’une vingtaine de secondes est disponible sur les réseaux sociaux. On peut y voir une personne habillée en tenue militaire, tenant une arme, entrain de prendre une position pour tirer dans une rue déserte, où au loin, il paraît y avoir des manifestants. Selon les détails ajoutés à cette vidéo, les faits se dérouleraient à Kigali, où une manifestation contre la France et les États-Unis, en face de l’ambassade de France. Le contexte avéré, tel que vérifié par Congo Check, conteste cette version. Cette vidéo a été filmée le 13 janvier dernier dans une rue de Maputo, au Mozambique. Elle n’a rien à voir avec le Rwanda.
L’internaute Antony Desonpere, du haut de ses 105 mille followers, poste cette vidéo et dit qu’ « apparemment, à Kigali, une protestation devant l’ambassade. On voit un drapeau comme si c’était l’ambassade de la France mais la voix qui parle est en anglais, et dit : « I can’t watch this », pour dire en français : « Je ne peux pas voir ça ». Est-ce que les rwandais se soulèvent contre la France et les États-Unis ? Mais, ça chauffe ».
La même vidéo est postée sur Instagram par un autre internaute qui affirme que c’est devant l’Ambassade de France à Kigali.
Notre équipe a constaté que cette vidéo a été vue par plus de 600 mille internautes sur Facebook. Pour la plupart d’entre eux, personne n’a constaté que la vidéo n’était pas dans son contexte.
Une vidéo filmée à Maputo, au Mozambique
Cependant, à l’aide des captures d’écran clés de la vidéo, introduites dans l’outil d’images inversées de Google Images, les résultats fournis prouvent que la scène a été filmée à Maputo, capitale du Mozambique. C’était le 13 janvier dernier, lors d’une manifestation convoquée par l’opposant Venancio Mondlane. Cette scène précisément a été filmée dans l’avenue Kenneth Kaunda, une des avenues résidentielles.
Une autre source informe que ces événements se déroulent au Mozambique et non à Kigali. La vidéo remonte à deux mois, soit au mois de janvier de cette année.
Une manifestation de l’opposition mozambicaine
Les recherches concordantes autour de cette journée ont également prouvé qu’il y a eu une grande manifestation à Maputo, le 13 janvier dernier. L’opposant Venancio Mondlane et candidat malheureux à la présidentielle, avait appelé à trois jours de grève générale à partir du lundi 13 janvier. C’est donc dans un climat de tension que s’était déroulée l’investiture de l’assemblée nationale mozambicaine.
Les indices du lieu de l’événement
Ces événements se déroulaient non loin de l’Ambassade de la Belgique, sise à l’avenue Kenneth Kaunda au numéro 762, et non de l’Ambassade de France.
Cependant, l’ambassade américaine avait fait un communiqué publié sur son site en rapport avec cette journée du 13 janvier, avant de le supprimer après. Le communiqué est temporairement inaccessible. Cela expliquerait la raison pour laquelle, la voix que l’on attend dans la vidéo parle anglais.
Contrairement à ce qui se dit, il ne s’agit pas de l’Ambassade de France au Mozambique , qui n’a rien informé à propos de cette manifestation qui s’est déroulée le 13 janvier dernier. Les actualités liées avec le Mozambique ne reprennent pas cette violente manifestation.
Aucune attaque des consulats français et américain à Kigali
Du côté du Rwanda, Congo Check n’a rien trouvé qui affirmerait qu’il y a eu manifestation. Comme la fois dernière, une fausse information couronnée d’une vidéo hors-contexte alléguait faussement qu’une manifestation se déroulait au Rwanda. Les sources fiables, telles que la RBA, et même la Police Nationale Rwandaise et certains habitants vivant la capitale avaient tous réfuté ces allégations.
Les ambassadeurs de la France et des Etats-Unus, tous à Kigali, n’ont annoncé aucune attaque ou manifestation à leurs consulats. Leurs voies de communication sont à jour et partagent leurs dernières actualités en rapport avec la coopération rwandaise.
Suite aux sanctions imposées par la plupart des pays occidentaux, cette vidéo hors-contexte est utilisée pour ajouter la cerise sur le gâteau de la désinformation tendant à présenter le Rwanda comme étant sérieusement affecté par ces mesures contraignantes à l’égard de ses partenaires internationaux.