Dans des groupes WhatsApp et sur Facebook, une vidéo présentée comme ayant été filmée à Tshela, territoire du Kongo Central, en République démocratique du Congo, montre un individu en train de ramasser, dans un tas de débris et de la boue, plusieurs billets de 100 dollars américains. Selon les explications qui accompagnent ces publications, il s’agirait d’un trésor découvert par des enfants après la mort de leur père. La vidéo suscite de nombreuses réactions et interprétations. Pourtant, elle est sortie de son contexte. Les vérifications menées par l’équipe de Congo Check montrent qu’elle a en réalité été enregistrée en juillet 2025 à Los Angeles, aux États-Unis.
Ces trois pages (1, 2, 3) relaient la vidéo en affirmant que les faits se sont déroulés en République démocratique du Congo. Les publications ont attiré plusieurs internautes et généré plus d’une dizaine de commentaires.
Dans trois autres publications (1, 2, 3), également sur Facebook, certains internautes expriment des doutes quant à l’authenticité de la vidéo, estimant qu’elle pourrait être générée par l’intelligence artificielle. D’autres remettent simplement en question la véracité du récit qui l’accompagne.
Le même constat est fait pour deux autres publications, toujours sur Facebook (1, 2), où la vidéo, d’une durée d’environ une minute, est diffusée sans son.
Une vidéo enregistrée aux États-Unis
Dans les faits, l’équipe de Congo Check constate que cette vidéo n’a aucun lien avec le territoire de Tshela, au Kongo Central. La version originale a été mise en ligne en juillet 2025 sur les réseaux sociaux de Galaxy Restore, une page qui publie régulièrement des vidéos montrant des paquets de billets, des téléphones portables, des portefeuilles, des bijoux en or et d’autres objets de valeur prétendument retrouvés enfouis dans le sol ou dans des tas d’ordures.
Nos conclusions reposent d’abord sur une recherche d’images inversées effectuée à l’aide de Google Lens, à partir de captures d’écran de la vidéo. Cette démarche nous a conduits à même vidéo publiée sur la page Facebook de Galaxy Restore le 29 juillet 2025. La section « À propos » de cette page mentionne une adresse en Thaïlande ainsi qu’un numéro de téléphone avec l’indicatif de ce pays.

L’équipe de Congo Check a également consulté les comptes TikTok et YouTube de Galaxy Restore. La vidéo virale apparaît sur leur compte TikTok, où elle est associée à la localisation « Los Angeles, États-Unis ». De plus, les versions publiées sur TikTok et Facebook montrent une femme s’exprimant en anglais, ce qui indique que l’audio de la vidéo diffusée dans les groupes congolais a été soit coupé, soit remplacé.

De nombreuses autres vidéos similaires (ici, ici et ici) publiées sur les mêmes plateformes présentent des scénarios comparables : découverte de billets, d’objets de valeur ou de bijoux enfouis dans la terre ou dans des décharges. Ces contenus semblent davantage conçus pour attirer l’attention sur les réseaux sociaux que pour documenter des faits réels.
L’équipe de Congo Check a tenté de contacter Galaxy Restore afin d’obtenir des précisions sur le lieu exact de tournage de la vidéo et sur le caractère réel ou scénarisé de leurs contenus. À ce stade, aucune réponse ne nous est parvenue.
Même si l’emplacement précis du tournage n’a pas pu être vérifié de manière indépendante, les éléments recueillis montrent clairement que cette vidéo n’a aucun lien avec Tshela, au Kongo Central, et qu’elle circule sur Internet depuis juillet 2025.
Par ailleurs, aucune source médiatique crédible ni aucun rapport officiel ne confirme que des dollars auraient été découverts par des enfants dans cette région du Kongo Central après le décès de leur père. L’affirmation associée à cette vidéo est donc fausse.
La raison de cette contextualisation
Remettre cette vidéo en contexte était nécessaire, car elle a été utilisée pour diffuser une information trompeuse susceptible d’induire le public en erreur et d’alimenter des récits sensationnalistes sans fondement. Ce type de contenu, lorsqu’il est mal attribué géographiquement ou socialement, peut renforcer la désinformation et détourner l’attention des véritables enjeux locaux.


