Vital Kamerhe est au cœur de l’actualité du cyberespace congolais, suite à l’annonce, le lundi 15 septembre, d’un groupe de députés ayant officiellement déposé des pétitions en vue de sa destitution. Ce même jour, une tension palpable a failli dégénérer à l’Assemblée nationale entre les députés favorables au départ de Kamerhe et ceux qui s’y opposent. La pétition a déjà recueilli 262 signatures, dépassant ainsi la majorité requise de 250.
Dans ce contexte, une ancienne vidéo a refait surface, montrant un jeune homme sévèrement frappé (avec un pantalon déchiré) par des partisans de l’UNC devant le Palais du Peuple, en présence des forces de l’ordre, pour avoir qualifié Vital Kamerhe de “voleur”. Cette vidéo est accompagnée d’une légende insinuant qu’il s’agit d’un incident qui s’est produit à l’Assemblée nationale, où un jeune homme a été agressé pour avoir traité Kamerhe de “voleur” dans le cadre de la motion de destitution en cours. Il est important de rappeler que cette vidéo est ancienne et n’est pas liée aux pétitions déposées par les députés. Les recherches effectuées par Congo Check ont révélé que cette scène date de 2024 et implique une altercation entre un citoyen et des militants de l’UNC au Palais du Peuple.
Cette vidéo decontextualisée a fait le tour sur plusieurs pages et groupes Facebook.
En commentaires, certains internautes avisés ont rappellé que cette scène est ancienne tandis que d’autres dupés ont condamné cette violence physique à l’égard d’un citoyen sans défense.
Une ancienne vidéo sans rapport avec la pétition visant à écarter Vital Kamerhe
Dans le but d’éclairer l’opinion publique sur le contexte réel de cette vidéo, Congo Check a effectué une recherche inversée d’images avec l’outil Google Lens. Cette démarche a révélé que la vidéo est ancienne et n’a aucun lien avec les menaces visant à déchoir Vital Kamerhe à la tête de la chambre basse.
Postée le 16 mars 2024 par le journaliste Patrick Lokala, la vidéo est accompagnée d’une légende dénonçant un acte de violence physique subi par un citoyen inoffensif qui avait qualifié Vital Kamerhe de détourneur de fonds alloués au programme des 100 jours.
« RDC ! VitalKamerhe1 signe un nouveau scandale à l’Assemblée Nationale. D’après le témoignage, ce jeune homme inoffensif a été passé à tabac par une milice pro UNC parce qu’il aurait dénoncé le détournement des fonds alloués au programme 100 jours initié au début du premier mandat du Président Tshisekedi. Cet incivisme pourrait être l’une des raisons pour laquelle les députés nationaux ne prendraient pas le risque de donner la présidence de la chambre basse du parlement au Président de l’UNC. Le climat de terreur qui s’observe au sein du parti s’exporte au temple de la démocratie. Pour rappel, le leader de Walungu était hué lors de l’appel nominal de la première plénière de cette législature. Ça, c’est une énième humiliation qui confirme sa descente aux enfers. » avait-il écrit
Cet incident avait également été rapporté dans un article du média Réveil Congo, titré : “ Palais du Peuple : Un jeune homme violemment agressé pour avoir « insulté Vital Kamerhe ».” L’article mentionne que le jeune homme avait été frappé par des partisans de l’UNC pour des propos jugés diffamatoires concernant le procès des 100 jours impliquant leur président, alors Ministre de l’Économie.
En réponse, Billy Kambale, Secrétaire Général de l’UNC, avait déclaré :
« L’UNC est un parti qui prône la non-violence et respecte les institutions. En revanche, faire appel à des inciviques dans les enceintes du Palais du Peuple pour crier sur des personnalités est lâche, et les conséquences de ce comportement n’engagent pas l’UNC. »
Cette bagarre avait aussi été relayé esur Facebook par la page “ Village des amoureux Kinois”.
Il est donc important de souligner que cette vidéo ancienne n’illustre aucun cas récent de violence physique à l’Assemblée nationale.
Conséquences de la décontextualisation de cette vidéo
La diffusion de cette vidéo ancienne, à un moment où Vital Kamerhe est menacé par une motion de censure, peut induire en erreur les internautes en leur faisant croire que les partisans de l’UNC s’en prennent systématiquement à tout citoyen soutenant l’idée de sa destitution. De plus, cette scène de violence impliquant un civil et des membres de l’UNC pourrait nuire à l’image de Vital Kamerhe en tant que président du parti, laissant penser qu’il serait le commanditaire de tels actes de violence physique.


