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Ces images de l’île de Socotra aux arbres dragonniers sont réelles et ne sont pas générées par l’IA

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Sur son compte Facebook, le journaliste et globe-trotter Joe Hattab a partagé des images de sa visite au Yémen. Le reels sur la visite qui s’est déroulée dans l’île de Socotra montrant une végétation indigène abondante d’arbres dragonniers aux formes de parapluie ou géants champignons a fait douter plusieurs internautes, soupçonnant du contenu généré par intelligence artificielle. Pourtant les vérifications faites par Congo Check prouvent que ces images sont authentiques et que leur sublime apparence est liée à la beauté de la nature.

“Il commence aussi à recourir à l’IA ?”; “Ça ressemble à une autre planète”; “Voici le jardin d’Eden”… sont des commentaires postés par les internautes en réponse à cette vidéo publiée avec une ambiance de l’une des reprises de la chanson “Papaoutai” de Stromae, version Altverse. L’apparition d’un arc-en-ciel sur l’une des séquences de la vidéo a renforcé de plus le doute d’internautes évoquant une scène irréelle.

La vidéo a cumulé plus de 12 millions de vues en un jour. 

Face aux réactions sceptiques de son audience, le créateur de contenus Joe HaTTab, suivi par plus de 4.7 millions de personnes sur Facebook, a fait une nouvelle publication pour préciser qu’il n’a pas recouru à l’intelligence artificielle lors de la production et la diffusion de sa vidéo controversée. Dans cette nouvelle publication, il a cette fois-ci mis en ligne une séquence de 6 secondes, montrant les coulisses de la réalisation de sa vidéo virale.

Vidéo montrant les arbres à sang de dragon et filmée à Socotra

En légende à sa vidéo, Joe HaTTab mentionne “Socotra island – l’île de Socotra”. C’est l’indice qui a mené Congo Check sur cette piste. En recherchant avec les mots-clés “arbre, Socotra”, plusieurs occurrences ont été trouvées. Elles renvoient directement aux arbres à sang de dragon avec pour nom scientifique “Dracaena cinnabari”. Cette végétation indigène fait de l’île de Socotra une des destinations touristiques les plus prisées de territoires Yémenites plongés dans l’océan indien.

Dans un document de National Geographic, Congo Check a découvert que plusieurs menaces tant naturelles que humaines règnent sur ces espèces d’arbres dragonniers de cet archipel. Il s’agit notamment des cyclones mais également de la guerre.

“À l’intérieur des terres de Socotra, le plateau de Diksum abrite la plus grande population de dragonniers de Socotra. Des milliers d’entre eux ont récemment été déracinés par des cyclones” note l’article en légende d’une photo représentant le même paysage filmé par Joe HaTTab.

Situé entre l’Afrique (Somalie, Djibouti) et l’Asie (Yémen, Oman), Socotra, un territoire immergé dans l’océan indien est aussi menacé par une urbanisation (toujours croissante et difficilement contrôlable.) Habitée par au moins 60.000 personnes, l’île connaît une forte pression démographique. L’île, ancienne route du commerce mondial, a pour emblème les arbres à sang de dragon, qui ont constitué l’une de raisons de sa classification comme zone protégée.

Via la géo-localisation virtuelle, Congo Check se rend à Socotra, classé patrimoine de l’UNESCO

Pour peaufiner ses recherches, l’équipe de vérification numérique de Congo Check a effectué une géo-localisation de l’île de Socotra avec l’aide d’images fournies par Google Maps. Grâce à la fonctionnalité Streetview, il a été possible pour Congo Check d’accéder à certaines zones de l’île disposant de la végétation aux arbres dragonniers. Vous pouvez personnellement vous y rendre en cliquant sur ce lien:

L’importance de l’espèce d’arbres dragonniers est multisectorielle. La résine de ces arbres est utilisée dans la médecine (pharmacie), l’onglerie, la peinture, le maquillage… Ces potentialités font de cette espèce endémique (qui ne pousse que dans sa région d’origine -Socotra) une richesse mais aussi sont la cause des menaces de la part d’entités qui veulent booster leurs productions dans diverses industries où intervient la résine de dragonniers en tant que matière première. 

“Compte tenu de sa faune et de sa flore exceptionnellement riches et distinctes, Socotra revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité. Trente-sept pour cent de ses espèces de plantes, 90% des espèces de reptiles et 95% des espèces d’escargots terrestres n’existent nulle part ailleurs. Socotra, *étant* un archipel particulièrement importante à l’intérieur du point chaud de la biodiversité de la corne de l’Afrique et *étant* l’une des îles les plus riches en biodiversité et les plus distinctes du monde, a été qualifiée de « Galápagos de l’océan Indien »” écrit l’organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture (UNESCO) qui a classé l’île de Socotra en tant que patrimoine mondial de l’humanité en 2008.

L’organisation note plusieurs menaces contre cette réserve de la biodiversité et émet des recommandations pour sa préservation. 

“Socotra revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité en raison du niveau exceptionnel de diversité biologique et d’endémisme de beaucoup de groupes d’organismes terrestres et marins que l’on y trouve. Socotra est particulièrement importante pour la diversité de ses plantes : elle possède 825 espèces de plantes dont 307 (37%) sont endémiques. Elle est très importante pour les espèces d’oiseaux comme en témoigne l’identification, par BirdLife International, de 22 Zones importantes pour la conservation des oiseaux sur Socotra. L’archipel entretient également des populations importantes au plan mondial d’autres oiseaux terrestres et marins, notamment plusieurs espèces menacées. L’endémisme des reptiles de Socotra est élevé (34 espèces, 90% d’endémisme) de même que celui des escargots terrestres (96 espèces, 95% d’endémisme). La vie marine de Socotra est, en outre, très diverse avec 253 espèces de coraux bâtisseurs de récifs, 730 espèces de poissons côtiers et 300 espèces de crabes, de langoustes et de crevettes, et bien représentée dans les zones marines du bien” lit-on dans le site internet de l’UNESCO consacré à ce patrimoine.

“Toutes les zones qui composent le bien sont au bénéfice d’une protection juridique; il est cependant nécessaire de renforcer le cadre législatif ainsi que la gestion et la capacité d’application. Alors que les habitats terrestres et marins du bien sont encore, généralement, en bon état, la planification de la gestion doit aborder plus efficacement les menaces actuelles et en particulier la construction de routes, le surpâturage et l’exploitation excessive des ressources naturelles terrestres et marines. Parmi les éventuelles menaces futures, on peut citer le tourisme non durable et les espèces envahissantes. Il importe d’exercer un suivi étroit sur les effets de ces menaces sur la biodiversité de Socotra et de les atténuer” propose l’UNESCO.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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