Plusieurs publications sur Facebook prétendent montrer la photo d’une habitante de Goma appelant à l’aide les Forces armées de la République démocratique du Congo lors d’une manifestation pacifique organisée après des frappes de drones dans la ville de Goma le 12 mars 2026, qui auraient fait trois morts, dont une humanitaire française et deux civils. Attention, cette image est trompeuse. Le message inscrit sur la pancarte brandie par la femme a été modifié numériquement.
Publié le 12 mars 2026, le post dit : « Goma a besoin des FARDC pour garantir la sécurité de la population. Le message est passé, madame ! C’est sûr qu’ils vont m’injurier ». Ledit post est illustré par une photo montre une dame au regard grave et déterminé, tenant devant elle une pancarte bleue lors d’une manifestation. Le message qu’elle brandit : « Nous habitants de Goma, nous avons besoin des FARDC puisque nous sommes tués chaque jour. »
Une photo manipulée
Une recherche d’images inversée sur Google Lens a permis de retrouver la photo originale sur laquelle le message que la dame brandit est différent de celui dans le post sous vérification. Le message authentique qu’elle brandissait est en swahili et se lit : « Pole sana UNICEF, Tshisekedi hapendi Amani », qui se traduit en français par « Toute notre compassion envers UNICEF, Tshisekedi ne veut pas la paix », tel qu’on peut le voir dans plusieurs publications sur internet.

De plus, une analyse sur Fotoforensics et Fake Image Detector ont révélé que la photo sous examen a bel et bien été manipulée.

Cette image manipulée circule dans un climat de psychose généralisée à Goma. Le 12 mars 2026, la ville a été secouée par des frappes de drones ayant causé la mort de trois personnes, dont une humanitaire française. Dans ce contexte de deuil et de colère, détourner l’image d’une manifestante pour lui faire dire que la population réclame exclusivement l’intervention des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) vise à influencer l’opinion publique et à masquer les critiques directes contre le pouvoir en place, initialement présentes sur la pancarte originale.


