
Ce jeudi 19 mars 2026, l’élu de la Lukunga, Tony Mwaba, a officiellement déposé une proposition de loi organique pour encadrer le référendum en République Démocratique du Congo. Un acte loin d’être anodin qui place la révision constitutionnelle sur les rails.
Le “Chaînon Manquant” de la Souveraineté
Pourquoi ce texte est-il crucial ? Parce qu’en RDC, le référendum était jusqu’ici un concept constitutionnel sans “mode d’emploi” technique. Comme le rapporte Actualite.cd, Tony Mwaba veut mettre fin à ce flou artistique.
« Cette proposition vise à combler le vide juridique […] en définissant un cadre clair, transparent et sécurisé », martèle l’ancien ministre dans sa lettre de transmission.
En clair, il s’agit de donner au pouvoir les outils légaux pour consulter directement le peuple, court-circuitant ainsi les débats parlementaires parfois trop longs ou incertains.
Un timing qui électrise la scène politique
Ce dépôt n’arrive pas par hasard. Il s’inscrit dans un contexte de bras de fer national sur le changement de la Loi fondamentale :
- Côté Pouvoir : L’Union Sacrée et le parti présidentiel poussent pour une “mise à jour” de la Constitution de 2006. Si le Chef de l’État reste officiellement évasif, ses lieutenants, eux, passent à l’offensive.
- L’Artillerie Constitutionnelle : Le texte s’appuie sur l’article 5 (la souveraineté appartient au peuple) et l’article 218 (qui impose le référendum pour valider toute révision définitive, sauf vote des 3/5e du Congrès).
Entre “Suicide” et Séisme Politique
Si la majorité jubile, l’opposition, elle, voit rouge. Pour les adversaires du régime, lancer une telle procédure alors qu’une partie du territoire est sous la botte de la rébellion AFC/M23 est tout simplement « suicidaire ». Ils appellent à l’abandon pur et simple de ce projet pour préserver l’unité nationale déjà fragile.
Le climat est si tendu que des têtes commencent à tomber au sein même de la majorité. Actualite.cd rappelle un fait majeur : la démission forcée de Bahati Lukwebo. Le deuxième vice-président du Sénat et poids lourd de l’Union Sacrée a payé le prix fort pour son opposition à cette démarche de révision constitutionnelle.
Ce qu’il faut retenir
Avec l’initiative de Tony Mwaba, la machine est lancée. Le débat ne porte plus seulement sur le “pourquoi”, mais sur le “comment”. Le Palais du Peuple s’apprête à vivre des sessions électriques où la survie de la Constitution de 2006 sera l’enjeu principal.


