Une image devient virale en République Démocratique du Congo : elle présente une supposée nouvelle coupure de 50 000 Francs Congolais (CDF). Entre inquiétude sur l’inflation et curiosité, beaucoup d’internautes partagent ce visuel. Pourtant, après vérification, il s’agit d’une pure fabrication numérique.
Pourquoi c’est une manipulation ?
Plusieurs preuves irréfutables confirment que ce billet n’existe pas :
- Le silence de la BCC : La Banque Centrale du Congo (BCC) est l’unique organe habilité à modifier la gamme monétaire. À ce jour, aucune annonce n’a été faite. Le billet de 20 000 CDF reste la coupure la plus élevée en circulation légale.
- Un “Deepfake” monétaire : L’image est un montage grossier. Les experts de Congo Check ont déjà identifié ce visuel comme étant recyclé de précédentes campagnes de désinformation. Il s’agit d’un collage utilisant une photo officielle du Président et des éléments graphiques provenant de l’Hôtel des Monnaies.
- Défauts de fabrication : Un œil averti remarque vite que la typographie du montant “50 000” et les micro-lettrages de sécurité sont absents ou flous, contrairement aux standards de sécurité fiduciaire.
Apprenez à démasquer les faux (Méthode de la BCC)
Pour ne plus tomber dans le piège, mémorisez les trois réflexes de sécurité valables pour les billets de 10 000 et 20 000 CDF :
1. Regarder par transparence
En plaçant le billet face à une source de lumière, vous devez voir le filigrane (le visage d’un okapi ou d’un léopard) apparaître dans la masse du papier. Sur l’image virale du billet de 50 000, ce signe est physiquement impossible à simuler correctement.
2. Toucher le relief
Le vrai billet n’est pas lisse. Si vous grattez légèrement les écritures “BANQUE CENTRALE DU CONGO” avec votre ongle, vous devez sentir une rugosité. Les faux billets imprimés sur du papier ordinaire restent désespérément lisses.
3. Incliner pour la couleur
Sur les grosses coupures, le chiffre indiquant la valeur est imprimé avec une encre spéciale (OVI).
- Le test : Faites pivoter le billet. La couleur du chiffre doit changer (passer du vert au bleu, par exemple). Si la couleur reste figée, c’est une contrefaçon.
Les dangers derrière cette fausse rumeur
Ce type de désinformation n’est jamais innocent. Elle a deux objectifs malveillants :
- Déstabiliser l’économie : Faire croire à l’arrivée d’une grosse coupure provoque souvent une hausse artificielle des prix, les commerçants craignant une dévaluation.
- Faciliter l’escroquerie : Des réseaux de faussaires profitent de la confusion pour tenter d’écouler de vrais-faux billets auprès de citoyens qui pensent que la monnaie vient de changer.
RECOMMANDATION : Ne relayez pas cette image. En cas de doute, référez-vous uniquement aux canaux officiels de la Banque Centrale du Congo ou à votre agence bancaire.


